Samedi 4 Octobre
(feat Michel BARROT, Francesco CASTELLANI)
Avec Mario STANTCHEV (piano), Michel BARROT (trompette), Roger NIKITOFF (saxophone), Francesco CASTELLANI (trombone), Didier DEL-AGUILA (contrebasse), Alain COUFFIGNAL (batterie)
Avec :

Dans la salle archi-comble de Langlade (on jouait à guichets fermés), le Sextet de Mario Stantchev a fait parler la poudre !
D’excellents musiciens composent ce Sextet éclectique, piloté par un Mario Stantchev (piano) plein d’humour et d’énergie. Bien sûr, tout de suite, c’est le « gros son », sextet oblige, puis c’est la variété des compositions, arrangements et improvisations qui séduisent le public.
De grands moments d’impro, une « pêche » incroyable, et puis des joyaux comme ce « Jass » échevelé, de fausses fins en improvisations torrides (les cuivres ont été à l’honneur, avec de très beaux solos de Michel BARROT, Roger NIKITOFF et Francesco CASTELLANI), ou encore cet hommage à la musique transalpine, avec ce même Francesco au chant.
Une section rythmique « luxe » (avec un Alain COUFFIGNAL en grande forme et Didier DEL-AGUILA -excellent à la basse électrique-). Et puis Mario Stantchev...
Ce diable de pianiste fait sortir de sa boîte à musique de bien belles choses. Il est là pour le plaisir de jouer, et c’est communicatif : sorties de tonalité, comme des sorties de route, « citations » classiques, pièges divers et régalades improvisées...

LU-MI-NEUX !
Autant le dire sans détours : attention, grosse pointure !
La magie s’installe dès l’entrée du set, tout en douceur avec les mailloches de Martijn VINK, pour un morceau « opener » qui décolle peu à peu... Les amateurs qui connaissent Bojan « Z » Zulfikarpašić savent que ce musicien est très certainement l’une des plus brillantes étoiles du piano Jazz moderne, et que la trajectoire de ses dernières années est passionnante.
La plupart des morceaux joués ce soir sont des compositions originales de Bojan, principalement tirées de son dernier album « Xenophonia ». Elles offrent un splendide canevas mélodique et harmonique à cet impressionnant trio.
Après... il est difficile de parler de ce musicien exceptionnel, tant les mots manquent pour rendre justice à un improvisateur inspiré, réalisant la synthèse d’un Jazz moderne qui a tout intégré des anciens, pour y ajouter un « supplément d’âme » unique, avec ses propres racines balkaniques.
Nous l’avions déjà connu flamboyant (son concert à Junas, dans le cadre de la tournée « Transpacifik » était magnifique, et, plus tard, à Alès, toujours avec Ari Hoenig et Rémi Vignolo, lors de la présentation de son nouvel album), il a encore gagné en musicalité, en inspiration !
Il avait fait découvrir au public l’excellent batteur américain Ari Hoenig, il nous revient ce soir avec un batteur néerlandais impressionnant de finesse et d’inspiration (mais où les trouve-t-il ? -en coulisse, il me dira, avec malice, « À l’étranger ! Les batteurs français sont très occupés »...-).
Ce soir, Thomas Bramerie, contrebassiste habituel du trio, n’était pas disponible, Bojan a fait appel à Martin GJAKONOSKI, qu’il connaît bien, pour ce concert à Langlade. Un concert magique, avec un Bojan Z au meilleur de son piano, un fantastique batteur, un contrebassiste complice et virtuose, un trio balayant toute l’étendue du Jazz moderne, des moments les plus intimistes, aux expérimentations « sauvages » de Bojan au « xénophone »...
LU-MI-NEUX, vous dis-je.
Christian